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Mon cher Patron

Mon cher Patron

Vous n’aimiez pas les discours et vous fuyiez les honneurs - Vos collaborateurs ont cependant pensé que vous ne pouviez pas partir sans un mot d’adieu dit par l’un d’eux, ils ont pensé aussi que vous l’accepteriez mieux.

Votre oeuvre est immense, elle porte tout entière la marque de votre génie, l’empreinte de votre caractère - voir toujours plus loin s’il s’agit d’une ligne, toujours plus grand s’il s’agit de l’aéronef : c’est vous : Ne jamais être satisfait du présent et toujours scruter l’avenir et le progrès, : c’est vous : Faire pour l’époque cette incroyable ligne du Maroc et d’Afrique : c’est vous : créer un peu plus tard cette liaison transcontinentale avec l’Amérique du Sud qui étonnera le monde : toujours vous : donner le premier le matériel pour la liaison transatlantique Nord sous sa forme logique : sans escale et par hydravion : vous encore : et cette technique bien orientée qui met la France en situation d’avant garde dans le tonnage aérien : c’est vous : De tout cela, sortent des records, des raids, des liaisons prestigieuses, des films applaudis glorifiant l’épopée aérienne, les honneurs que vous fuyez et laissez aux autres.

Mais derrière tout cela : vous êtes là ! Dans ce dur métier de pionnier, d’inévitables casses, de douloureux coups durs vous attendent : qui, malgré son caractère, reste étonnamment calme, trouve la solution de bon sens, bouscule tout le monde, n’est jamais satisfait des délais…mais aussi rétablit la situation : c’est bien vous :
malgréles difficultés d’un tel métier , qui alors comme tant d’autres échoueront, révèle de remarquables qualités d’administrateur, conservant une société saine et stable au crédit toujours intact, ne connaissant pas le hideux chômage : c’est vous:
en dehors de ces préoccupations, quel exemple aussi était votre vie : pas un excès,… une seule passion mais de qualité : vos précieux livres et votre érudition, et pourtant à moins de 60 ans vous disparaissez :
quelle injustice ! Par votre vie retirée, on a souvent ignoré que dans l’homme énergique vibrait un coeur très humain, très bon et très charitable. Ah ! oui, pour ceux qui eurent le rare privilège de vous bien connaître, quel grand monsieur vous étiez ! quelle perte vous êtes pour l’aviation et le pays !
cela, mon cher patron, il fallait tout de même qu’on le dise !
comme il fallait faire ici le serment de respecter votre souvenir, votre pensée, continuer votre oeuvre avec passion, comme il fallait dire aussi l’immense chagrin de tous ! Adieu

 

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Dernière mise à jour : 28 mars 2017 à 17:36:17